mardi 27 août 2013

En conclusion! Terre-Neuve une province à visiter

Voyage à Terre-Neuve en VR en 2013, la conclusion.


Voici le trajet effectué durant ce voyage à Terre-Neuve, Labrabor, Basse-Côte-Nord du Québec ainsi que St-Pierre et Miquelon. Environ 7650 km de route au total.  Si l'on tient compte des 1235 km entre Québec et North-Sydney, cela fait un peu plus de 5200 km pour Terre-Neuve, Labrabor et la Basse-Côte-Nord du Québec.  Quelque 5000 km sur l'Île de Terre-Neuve.  Il faut compter 5 heures pour le traversier de North-Sydney en Nouvelle-Écosse jusqu'à Port-aux-Basques et 17 heures pour le traversier entre Argentia et North-Sydney.

Trajet Hélène et Jean, Terre-Neuve, Labrador, St-Pierre et Miquelon, été 2013

Nous avons effectué ce voyage en presque six semaines incluant les quatre jours de route pour se rendre et revenir de Sydney, Nouvelle-Écosse.  Est-ce que cinq semaines c'est assez ou trop pour visiter Terre-Neuve?  Cela dépend bien entendu de nos intérêts et du temps que l'on veut passer à chaque jour sur la route.  Dans notre cas, cinq semaines c'était parfait et cela nous a permis de visiter la majorité des points d'intérêts en roulant en moyenne un peu plus de 150 km par jour. Nous avons rencontrés des gens qui ont fait un trajet semblable au nôtre en deux semaines.  Pas besoin de vous dire que ces personnes passaient le plus clair de leur temps à regarder le paysage depuis la voiture.  Notre conseil à ceux qui aiment prendre leur temps et qui ne disposent que de deux ou trois semaines: concentrez-vous sur la partie Ouest de l'Île pour ce voyage et revenez une autre fois pour faire la partie Est en deux semaines.

Est-ce que nous avons apprécié ce voyage?  Énormément.  Nous ne connaissions pas du tout Terre-Neuve et nous avons adoré la nature, les paysages, les petits villages de pêcheurs, les phares, l'histoire et les lieux historiques et bien sûr les Terre-Neuviens.  Pour qui aime les grands espaces et la mer, Terre-Neuve constitue une destination fantastique.  Et les habitants sont accueillants et aiment parler avec les touristes. Quant au climat, nous nous attendions à beaucoup de pluie et de brume et nous en avons eu peu. Nous avons plutôt connu du temps beau, frais et venteux.

Les difficultés rencontrées: les grandes distances mais quand on a du temps comme nous cela se surmonte facilement; et l'approvisionnement en bons fruits et légumes dès qu'on entre dans les régions où l'on ne retrouve que des petits villages.  Il faut donc faire le plein de ces produits frais ainsi que des produits fins dès qu'on passe par une petite ville.  Nous aurions aimé trouvé plus facilement du poisson frais.  Nous avons réussis à en trouver mais souvent au prix de gros efforts. Les poissonneries sont rares dès qu'on sort des lieux très touristiques. Il faut donc demander aux pêcheurs qui reviennent avec leurs prises et s'ils ne peuvent pas nous en fournir, ils nous indiquent souvent où s'adresser.

En conclusion, Terre-Neuve nous a offert un séjour nature passionnant (mentionnons que le parc national du Gros Morne vaut à lui seul le voyage), des sentiers de randonnées superbes et nombreux, des colonies d'oiseaux impressionnantes, des sites historiques de grand intérêt et aussi des rencontres enrichissantes avec des terreneuviens sympathiques.







Et c'est le retour à la maison! Argentia, North-Sydney, Québec

Du 24 au 26 août 2013

Et c'est le retour à la maison!  Argentia, North-Sydney, Québec

Le samedi 24 nous prenons le traversier à 17h.  Il faut arriver au quai vers 15h ce qui nous laisse amplement le temps pour aller faire un petit tour à Placentia.

Nous passons par Castle Hill afin d'y acheter un petit cadeau pour quelqu'un de cher et y rencontrons par hasard un couple de Québec, Benoît et Geneviève, qui faisaient partie de notre club de canot, le club Rabaska.  Nous avions su qu'ils étaient aussi à Terre-Neuve cet été mais nous ignorions leurs dates et leur trajet.  Et bien ils prennent le même traversier que nous et nous apprendrons un peu plus tard dans la journée qu'ils sont nos voisins de cabine.  Drôle de hasard!

Nous allons faire quelques emplettes au supermarché en prévision du voyage de retour sur la Trans-Canadienne.  Comme cela on pourra rouler sans se préoccuper d'acheter des provisions.

Nous revenons donc au traversier vers 14h et passons par le Centre d'inspection et de désinfection d'Agriculture Canada.  Nous devons remettre nos pommes de terres, carottes et oignons à l'inspecteur car il est défendu d'en sortir de Terre-Neuve compte tenu de certaines maladies qui prévalent ici.  Même si ces légumes ont été importés ici et qu'on les a achetés au supermarché, il n'y a rien à faire, c'est perdu.  Dommage qu'on ne l'ait pas su avant car nous venions d'en acheter... Heureusement, on évite la procédure de décontamination.  Ouf!



Nous stationnons le VR dans la file qui nous est assignée puis nous nous dirigeons au terminal où on nous offre gratuitement café, beignes et muffins. Nous y rencontrons Benoît et Geneviève mais aussi France et Marc, un couple du Saguenay qu'on avait croisé à St-John's et trois autres fois par la suite.

L'embarquement se fait vers 15h30.  Le bateau n'est qu'à moitié plein seulement.  C'est un bateau d'Estonie qui est loué à long terme par Marine Atlantic, notre transporteur.  Le bateau nous semble relativement jeune et très confortable.  Il y a trois restaurants, un bar, des salles de jeux et même un cinéma au septième étage.  Notre cabine est au huitième étage et donne sur la mer qu'on peut contempler par une large fenêtre.  Sans être luxueuse, elle est très confortable et comprend une petite salle de bain avec douche.  Comme la traversée sera de 17 heures et qu'on aura une grosse journée de route le lendemain, nous avons jugé que ce petit luxe en valait la peine.  Sinon, comme l'accès aux véhicules est interdit durant la traversée, il aurait fallu dormir sur des sièges ou sur des banquettes avec un résultat incertain en bout de compte.





Nous soupons avec Benoît et Geneviève.  La nourriture du buffet est honnête et le prix raisonnable.  Après avoir admiré les magnifiques couleurs au coucher du soleil, nous regagnons notre cabine où nous passerons une assez bonne nuit malgré les vibrations causées par la houle.





Nous arrivons à North Sydney le dimanche matin vers 9h30 ou plutôt 9h à l'heure des Maritimes.  Le temps d'accoster et de débarquer, nous voilà sur la route à 10h.  Il fait un beau soleil et la température grimpe jusqu'à 26 degrés durant la journée.  La route est belle et la circulation est faible.  Nous faisons 825 km puis arrêtons pour souper et passer la nuit dans un petit bois pas très loin de l'autoroute près de Four Falls au Nouveau-Brunswick.  Mais voilà que les brûlots font leur apparition.  Et comme nos moustiquaires ne sont pas anti-brûlot, on se fait piquer!

Nous décidons donc de rouler une autre heure après souper pour aller passer la nuit dans un endroit exempt de ces bestioles, près de la frontière avec le Québec.  Nous y passons une excellente nuit et nous félicitions des 925 km parcourus aujourd'hui.

Le lundi 26 août nous nous levons à 5h du matin, heure du Québec, et prenons la route durant 1h30.  Nous déjeunons, parcourons le dernier segment de route et arrivons à la maison un peu après 9h du matin.  Et voilà!  Le voyage à Terre-Neuve est bel et bien terminé!

vendredi 23 août 2013

Ship Harbour, Terre-Neuve

Vendredi le 23 août

Ship Harbour, Terre-Neuve

Après le déjeuner nous allons à Ship Harbour qui est distant de seulement 4 km à vol d'oiseau mais nécessite 20 km par la route. Il faut contourner les baies et les montagnes pour s'y rendre. Le village est tout petit. Une vingtaine de maisons le long de la route qui borde une petite baie. Nous suivons les affiches et empruntons un petit chemin de gravier bien entretenu qui nous conduit à travers la forêt, quelques kilomètres plus loin, au site historique national de Ship Harbour. Un monument y a été érigé pour commémorer la signature en 1941de la Charte de l'Atlantique entre Winston Churchill pour le Royaume-Uni et Franklin Roosevelt pour les USA. Les deux hommes d'État se sont rencontrés sur un bateau de la marine américaine ancré tout près de la pointe où se situe le monument. Cette charte fut par la suite signée par 26 pays et après nombre de rencontres s'échelonnant sur plusieurs années conduisit à l'élaboration et l'adoption de la Chartes des Nations-Unies.






Nous allons ensuite marcher sur la plage de galets tout près. Ici et là on rencontre de petits murets de pierres à trois côtés. On en déduit que ce sont des caches pour la chasse au canard. On ne voit vraiment pas ce que cela pourrait être d'autre. D'autant plus que les cartouches vides abondent en bordure de mer.




Nous revenons ensuite vers le village et nous nous arrêtons quelques kilomètres plus loin pour faire le sentier qui mène à la grosse montagne en face du village, le Sugarloaf. Nous remarquons qu'une petite inscription a été ajoutée à la main par un marcheur : Worst trail ever! On se dit que cela doit être exagéré et que nous avons vu d'autres! Mais après avoir marché un kilomètre dans le sentier, nous sommes tout à fait d'accord. Le sentier serpente dans la tourbière et n'est en fait qu'une succession ininterrompue de trous de boue noire. On se demande bien pourquoi les artisans de ce sentier ne l'ont pas plutôt construit sur les buttes avoisinantes. Probablement qu'ils n'avaient pas prévu la fabrication des trous à mesure que le sentier était fréquenté. Nous essayons de passer plus haut dans les arbres rabougris et lorsque nous sommes bien mouillés, décidons que le Sugarloaf n'est pas si attirant que cela surtout qu'il est de plus en plus perdu dans la brume et qu'on aura même pas de vue là-haut. Heureusement, nous sommes entourés de pieds de bleuets qui sont remplis de belles grappes de fruits bien dodus. On se console donc en en mangeant des poignées et des poignées en se dirigeant vers le VR.

Le SugarLoaf



Sarracénies pourpres, plantes carnivores des tourbières et emblème floral de Terre-Neuve


Nous allons ensuite nous installer au camping d'Argentia pour dîner, prendre une bonne douche et passer un après-midi tranquille. Pour notre dernier souper à Terre-Neuve nous mangeons de l'agneau frais, probablement élevé dans cette région où les Irlandais vinrent nombreux pour s'établir et cultiver la terre au meilleur de ses possibilités.



Plaisance/Placentia et Fox Harbour

Jeudi le 22 août 2013

Plaisance/Placentia et Fox Harbour

Nous allons déjeuner à Placentia, autrefois appelée Plaisance par les Français dont c'était la capitale à Terre-Neuve. La petite petite ville fut fondée en 1662 mais l'endroit avait été occupé par des pêcheurs saisonniers depuis le début des années 1500.

Nous marchons dans presque toutes les rues de la petite ville après avoir parcouru le trottoir qui longe la grève du long barachois. Nous prenons quelques photos de ce qui sort un peu de l'ordinaire pour Terre-Neuve mais, dans le village, à part les restes de deux forts, il ne reste plus grand chose d'historique en ce lieu pourtant chargé d'histoire.

Nous visitions le Centre d'art puis le laboratoire archéologique de la ville car c'est son personnel qui effectue les fouilles sur le site de l'ancien fort St-Louis à l'entrée du hâvre. L'équipe a déjà ramassé plus de 42 000 artéfacts sur le site et nous pouvons en contempler plusieurs au laboratoire. Les personnes qui y travaillent sont accueillantes et se font un plaisir de répondre à nos questions.






Le vieux couvent

Placentia ET Plaisance!


Nous allons ensuite sur le site des fouilles c'est à dire là où était le fort St-Louis. On y voit quelques fondations mais pas vraiment plus. 




De là nous grimpons sur Castle Hill située en face de Plaisance, là où se trouvent les ruines du Fort Royal. C'est un lieu historique national géré par Parcs Canada. Nous visitons d'abord le Centre des visiteurs où l'on en apprend plus sur l'histoire de Plaisance et surtout sur la succession d'évènements militaires qui sont passés à l'histoire. D'abord la capitale française à Terre-Neuve, car tous les bateaux qui allaient en Nouvelle-France ou qui en revenaient passaient par ici, Plaisance fut attaquée trois fois par les Anglais au dix-septième siècle sans jamais être prise, et ce malgré un blocus qui les isola durant des années de tout contact avec la France. Plaisance dut être évacuée complètement après la signature du Traité d'Utrech en 1713 qui cédait Terre-Neuve aux Anglais. Tous les Plaisantins ou presque furent déplacés au Cap-Breton. Les Anglais s'y installèrent l'année suivante et au fil des ans refirent le Fort Royal pour répondre à leurs besoins : se protéger des Français principalement. Lorsque ceux-ci prirent St-John's, Placentia devient même durant quelques années la capitale de Terre-Neuve pour les Anglais. Le fort fut abandonné en 1811 et tomba rapidement en ruines par la suite.





C'est intéressant de voir comment se sont jouées ici d'importants moments de notre histoire. On comprend de mieux en mieux d'où venait la haine qui opposait Français et Anglais et qui malheureusement perdure encore parfois.

Après cette visite nous nous dirigeons vers Argentia pour repérer les lieux et surtout se réserver un site au camping local. La veille de notre départ sera notre seule nuit dans un camping avec services à Terre-Neuve. La seule aussi dans un camping privé. Le camping ne paie pas de mine n'ayant aucun arbre et ressemblant plus à un parc de stationnement mais ce sera utile de se brancher toute une nuit pour bien charger les batteries en prévision de la traversée qui durera environ 16 heures. À pleine charge, celles-ci n'auront pas de problème à alimenter les deux petits réfrigérateurs de notre VR durant ce temps.

Nous allons ensuite en direction de Ship Harbour situé à environ 35 km d'Argentia. Nous nous arrêtons à Fox Harbour car nous y trouvons un excellent site pour passer l'après-midi, la soirée et la nuit. Nous nous installons tout au bout du chemin qui longe la baie, au soleil et à l'abri du vent qui est très fort aujourd'hui. Nous lisons jusqu'à l'heure de l'apéro et nous amusons du nombre impressionnant de camions qui viennent virer au bout du chemin, nous imaginant que c'est pour venir écornifler...




jeudi 22 août 2013

Des caribous et des Fous de Bassan à Cape St-Mary's

Mercredi le 21 août 2013

Des caribous et des Fous de Bassan à Cape St-Mary's

Il a fait près du point de congélation cette nuit. Et comble de malheur, notre chauffage qui fonctionnait parfaitement hier soir ne veut absolument fonctionner! Une chance qu'on a nos sacs de couchage en duvet avec nous. Essentiel pour le camping à Terre-Neuve!

Après déjeuner nous nous rendons directement à la réserve écologique de Cape St-Mary's. Il s'agit d'un site unique qui abrite des colonies d'oiseaux de plusieurs espèces : Environ 11 000 couples de fous, 10 000 couples de marmette commune, 10 000 couples de mouette tridactyle et quelques centaines de couples de Petits Pingouins, guillemots à miroir, guillemots marmettes et guillemots de Brünnich.

Nous passons par le Centre d'interprétation puis marchons une vingtaine de minutes en longeant la falaise en direction de la principale colonie de fous.


Les colonies d'oiseaux de Cape St-Mary's, Terre-Neuve
En passant nous avons la chance de voir trois caribous qui paissent tranquillement dans la steppe du plateau. Et plus on avance et plus on sent littéralement que l'on arrive. L'odeur de la fiente se fait très présente, signe de l'abondante population d'oiseaux qui nichent à cet endroit. Une rumeur qui devient plus loin un véritable tintamarre nous accueille.

Trois caribous à Cape St-Mary's, Terre-Neuve

Les fous nichent sur la falaise mais aussi sur une petite île très escarpée qui se situe tout près de la falaise. On peut les observer de très près. C'est fascinant de voir toute l'activité qui règne dans la colonie : les adultes font des prouesses pour atterrir tout près du nid afin de relayer leur partenaire. Ils font alors une parade et nourrissent leur jeune en régurgitant dans son bec. Les jeunes n'arrêtent pas d'en redemander. Ils picossent sur le bec du parent jusqu'à ce que celui-ci cède et leur ouvre grand le bec et la gorge. Et cela recommence sans cesse et sans cesse. Nous restons plus d'une heure et demie à regarder ce spectacle sans fin.







En bas de la falaise on réussit à voir une trentaine de guillemots marmettes seulement, quelques centaines de mouettes et quelques cormorans. Tous les autres oiseaux sont déjà partis du nid et ont commencé à migrer. On aurait eu plus de variété en juin ou durant la première moitié de juillet. Mais nous sommes enchantés de notre visite.

Nous reprenons la route et faisons un premier arrêt dans un petit chemin agricole pour dîner, prendre une douche et faire un peu de lessive. Nous arrêtons plus tard dans une cour d'école pour remplir notre réservoir d'eau. Le concierge était en train de faire la pelouse et se fait un plaisir de nous rendre ce petit service. Comme la plupart des Terre-Neuviens que nous rencontrons, il s'informe sur notre perception de sa province et de ses compatriotes. Et bien sûr son visage s'illumine lorsqu'on lui répond que l'on apprécie énormément.

Nous allons ensuite passer environ deux heures à la plage de sable du Parc provincial de Gooseberry Cove. C'est rare les plages de sables à Terre-Neuve et celle-ci, bien que très petite, est charmante. Évidemment, l'eau est glaciale et seul un vrai Terre-Neuvien aurait le courage de s'y baigner. Nous arpentons la plage de long en large puis faisons voler le cerf-volant. Le vent collabore presque toujours à Terre-Neuve. Nous nous installons ensuite pour lire et en fin d'après-midi il est temps de trouver un endroit pour camper. Dommage que l'on ait pas le droit de stationner ici pour la nuit.




Nous trouvons un site en bordure de la route à une dizaine de kilomètres plus loin. On a une vue superbe sur la baie de Placentia et, malgré le fort vent, cela devrait être relativement tranquille pour la nuit.

Saumons et chutes à Colinet ainsi que le petit village de Branch

Mardi le 20 août 2013

De la pluie forte et 11 degrés seulement ce matin. Décidément la température est très changeante à Terre-Neuve. Nous prenons notre temps ce matin car la température devrait s'améliorer en mi-journée. Nous roulons un peu et allons déjeuner à Pointe La Haye. Nous continuons sur la Irish Loop et nous rendons jusqu'à Colinet au fond de la Baie St-Mary's. Nous y visitons l'attraction locale soit une échelle à saumons. La guide, très heureuse d'avoir enfin des clients aujourd'hui, se fait un plaisir de nous expliquer que la construction remonte à 1985 et qu'après des années de travail pour implanter du saumon dans cette rivière, il en revient de 200 à 300 par année maintenant. On a même commencé à les pêcher il y a deux ans, avec une remise à l'eau obligatoire cependant. Plusieurs saumons ont été munis de radios avec GPS ce qui a permis d'apprendre que les saumons s'en retournent au Groenland à chaque année et reviennent non seulement à la même rivière pour frayer mais ils s'installent au même endroit dans la rivière. Fidèles à leurs racines ces saumons!




Nous faisons ensuite quelques kilomètres pour aller au Parc provincial Cataracts voir deux jolies petites chutes qui se jettent dans une faille profonde. Un petit sentier de bois avec escaliers permet d'aller tout en bas et de remonter de l'autre côté de la petite rivière. Rien de bien impressionnant mais quand on passe dans le coin cela vaut le petit détour. Nous dînons sur place et sommes ravis de voir le soleil se pointer. La température monte à 14 degrés. C'est déjà mieux!





En après-midi nous poursuivons notre route en direction de Cape St-Mary's que nous visiterons demain. La route remonte sur les plateaux et nous voici à nouveau dans la steppe hyper océanique. En milieu d'après-midi nous stationnons en bord de route et allons voir s'il n'y aurait pas quelques petits fruits qui attendent d'être cueillis. Nous trouvons quelques pieds de bleuets ici et là, de trois espèces différentes. On peut le voir facilement par la forme et la couleur des fruits. Les uns sont pâles, les autres très foncés et les derniers sont plutôt ovales. Leur goût diffère aussi. Les grappes sont petites et il faut la plupart du temps cueillir les fruits un à un. Nous en cueillons durant environ une heure, juste assez pour avoir un bon dessert ce soir et y goûter demain matin.




Nous terminons notre journée au petit village de Branch. C'est joli ce village! Toutes les maisons sont entourées de belle pelouse verte! Je m'informe à un groupe d'hommes en train de jaser où je pourrais trouver de l'eau pour remplir le réservoir du VR. L'un nous suggère d'aller à un restaurant à 10 km d'ici mais tout de suite un autre nous invite à le suivre chez lui. Nous suivons sa voiture et il nous amène derrière sa maison, sur sa belle pelouse. Nous remplissons le réservoir en quelques minutes et nous jasons avec lui durant un moment. Finalement, il nous invite à nous installer au pique-nique municipal sur le barachois en face de sa maison en nous disant qu'on y serait très tranquille et que c'était la meilleure place pour camper.




Nous suivons son conseil et nous y installons pour souper et pour passer la nuit. Quelques instants plus tard, un autre VR vient s'installer près de nous. Il s'agit d'un couple de Québécois qui nous ont vus de loin et qui ont trouvé que c'était une bonne idée. Ils sont partis de St-John's ce matin et on fait toute la route qui nous a pris trois jours à faire. Pas grand chose à voir et pas grand chose à faire selon eux. Ils ont fait tout le tour de Terre-Neuve en trois seulement seulement. On se dit que tous les goûts sont dans la nature. Certains aiment rouler pour rouler mais pas nous! Ces gens sont tout de même très sympathiques. Après souper, ils viennent nous inviter à partager un feu de camp sur le barachois avec eux. Nous acceptons avec joie et on s'habille avec nos duvets car c'est de plus en plus frais dehors. La lune est toute ronde au dessus de la baie. Avec le feu de camp c'est magnifique. Un dame de l'endroit vient prendre une marche et s'arrête pour nous faire un brin de jasette. Et là, nous sommes confrontés avec l'accent le plus prononcé que nous ayons entendu à Terre-Neuve. Alors qu'on saisit la majorité habituellement, nous avons peine à comprendre 20% de ce que la dame nous raconte. Elle parle infiniment rapidement en plus. Et toutes ses phrases finissent par «Raich?» qu'on finit par associer à «right?» ou n'est-ce pas en français. Une autre expérience intéressante!

Pleine lune et feu de camp sur le barachois de Branch, Terre-Neuve